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Marché de l'énergie en Europe

Bulletin d'octobre 2010

12/10/2010

Énergies renouvelables et économies d’énergie

L’Europe revoit à la baisse ses subventions aux EnR

Après avoir généreusement subventionné l’énergie solaire photovoltaïque et plus globalement, l’ensemble des énergies renouvelables, encore balbutiantes dans les années qui ont précédé la crise financière de 2008, plusieurs pays européens, notamment l’Espagne, ont décidé de réviser leurs subventions. Le 1er août dernier, le gouvernement espagnol a ainsi annoncé son intention de procéder à une baisse, pouvant aller jusqu’à 45 %, des subventions aux futures centrales photovoltaïques. L’Allemagne avait anticipé en annonçant dès juillet dernier son intention de réduire, en deux étapes et à hauteur de 16 % au maximum, les subventions aux nouvelles capacités solaires. Même politique en Italie où le gouvernement envisage une modification du système des « certificats verts ». Face à ces projets de réduction des subventions, Bruxelles a rappelé, par la voix du porte-parole du commissaire européen à l’Energie, qu’il n’était pas souhaitable que les marchés soient « soumis à des à-coups ». Les grands fonds d’investissement sont eux aussi opposés à une réduction importante des subventions.

Source(s) : Courrier International, 02/09/10

Un vaste plan « vert » pour l’Allemagne

Parallèlement à la relance du nucléaire, la chancelière allemande entend réinvestir dans l’éolien, le photovoltaïque, le biogaz et les véhicules électriques. Elle prévoit ainsi d’investir 75 milliards d’euros afin de développer les parcs éoliens offshore pour porter leur production à 25 GW d’ici à 2030.

Source(s) : Le Figaro économie, 10/09/10

Éolien offshore : la Grande-Bretagne se jette à l’eau

La Grande-Bretagne inaugure le plus grand parc éolien en mer au monde. Cet ensemble de 100 éoliennes permettra d’alimenter plus de 200 000 foyers. La multiplication des investissements en mer suscite de plus en plus la convoitise d’équipementiers du secteur. Chez Ernst et Young, on fait remarquer : « On compte aujourd’hui une quinzaine de grands équipementiers sur ce marché, contre à peine 2 ou 3 voilà trois ans ».

Source(s) : Les Echos, 23/09/10

  

Autre mode de production (hors ENR)

Berlin redonne sa chance à l’atome

Angela Merkel s’est lancée le 6 septembre dans l’une des batailles les plus rudes de son mandat en annonçant un allongement de la durée de vie des centrales nucléaires. Après de multiples pourparlers, la chancelière allemande est parvenue à fixer la date butoir de 2022 pour la fin du nucléaire civil en Allemagne. Un sursis supplémentaire a été accordé aux 17 réacteurs du pays, allant de huit ans pour ceux construits avant 1980, à quatorze ans pour les plus récents. Pour prolonger la durée de vie de leurs réacteurs, le gouvernement a annoncé une taxe sur le combustible de 2,3 milliards d’euros par an imputable aux quatre grands propriétaires de l’énergie en Allemagne (EON, RWE, Vatenfall et EnBW) qui devront acquitter quelque 30 milliards d’euros, au profit notamment des énergies renouvelables. L’électricien EnBW, filiale d’EDF, a été soulagé par cette décision : le troisième électricien allemand aurait en effet dû fermer plus d’un tiers de ses capacités nucléaires en 2010 et 2012. L’opposition promet, elle, une « résistance à tous les niveaux » afin de bloquer le programme, bien décidée à attaquer la chancelière allemande en justice, l’accusant de s’être vendue au lobby nucléaire. Des manifestations ont eu lieu le 18 septembre à Berlin pour protester contre la décision du gouvernement.

Source(s) : La Presse de la Manche, Les Echos, Le Figaro économie, 07/09/10 – Le Figaro économie, 20/09/10

Le gouvernement espagnol réfléchit également à une taxe sur le nucléaire

Suivant le modèle de l'Allemagne, qui vient d'établir un nouvel impôt en échange d'une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, le débat sur une éventuelle taxe sur les centrales nucléaires et hydrauliques est désormais lancé en Espagne. La taxe nucléaire rapporterait 365 millions d'euros et la taxe hydraulique 252 millions, ce qui, ajouté à la diminution de 750 millions d'euros des subventions à l'industrie photovoltaïque, servirait à atténuer la hausse « inévitable » de 15 % des tarifs de l'électricité et comblerait en partie le trou de 3 milliards d'euros dont souffre le secteur énergétique.

Source(s) : Expansion, 07/09/10

L’Italie veut payer son électricité moins cher grâce à l’atome

Silvio Berlusconi a promis de construire huit réacteurs dans la péninsule, pouvant représenter de 16 à 24 milliards d’euros d’activité et assurer la création de quelque 10 000 emplois au cours des prochaines années. L’Italie est aujourd’hui contrainte d’importer 86 % de son énergie primaire et 14 % de l’électricité qu’elle consomme, ce qui fait du pays le premier importateur mondial. Par ailleurs, plus de 65 % de l’électricité qu’elle produit sur son territoire est d’origine gazière et pétrolière, alors que dans l’Europe des Vingt-Sept, la moyenne tourne autour des 27 %.

Source(s) : Les Echos, 15/09/10

  

Techniques & Innovations

Les compteurs intelligents séduisent l'Europe

L’acquisition en juillet dernier de Skvader Systems par le géant français des services informatiques Cap Gemini illustre « l’effervescence qui règne » sur le marché des compteurs intelligents ou « smart meters ». Cette nouvelle technologie se développe désormais dans toute l’Europe, avec un marché suédois particulièrement en avance. Le royaume scandinave compte 5,5 millions de compteurs pour 9 millions d’habitants. Leur finalité est de permettre au client de « communiquer » avec son compteur afin « d’obtenir un compte-rendu presque instantané » de sa consommation d’énergie, explique Tomas Sandh, responsable des ventes chez Skvader Systems. Et de poursuivre : « Cette chasse au gaspi profite également aux producteurs d’énergie, lesquels peuvent grâce aux compteurs intelligents mieux dimensionner leurs réseaux de distribution » d’électricité. Dans un rapport publié récemment par le cabinet d’analyses suédois spécialisé dans l’énergie, Berg Insight affirme que le « nombre de compteurs électriques intelligents déployés en Europe va croître à un rythme annuel de 17,9 % entre 2009 et 2015, pour atteindre 111,4 millions d’unités à cette période ». En France qui est « l’un des marchés les plus actifs » en Europe, souligne le rapport, c’est ERDF qui est en charge du déploiement de ces compteurs, actuellement en test à Tours et à Lyon avec la pose de 300 000 Linky. Entre 2014 et 2017, six millions d’unités seront installées. D’ici 2020, 80 % des foyers européens en seront équipés.

Source(s) : La Tribune, 01/09/10


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